Bonus-malus assurance auto : calcul et seuils 2026

Le bonus-malus de l’assurance auto repose sur un coefficient unique, le CRM, qui multiplie votre prime de référence. Il part de 1,00, baisse de 5 % par année sans accident responsable (multiplication par 0,95) et grimpe de 25 % à chaque sinistre responsable. Son calcul est encadré, borné entre 0,50 et 3,50.
Comment se calcule le coefficient bonus-malus
Le coefficient de réduction-majoration, ou CRM, est le cœur du calcul. Chaque assureur fixe une prime de référence selon votre véhicule, votre zone et votre profil. Cette prime est ensuite multipliée par votre coefficient. Un CRM de 0,80 sur une prime de référence de 1 000 euros donne une cotisation de 800 euros. Le même coefficient à 1,60 la porterait à 1 600 euros.
La règle de base tient en deux opérations, appliquées chaque année à l’échéance du contrat :
- Sans sinistre responsable : coefficient multiplié par 0,95, soit une réduction de 5 %
- Avec un sinistre responsable : coefficient multiplié par 1,25, soit une majoration de 25 %
Le résultat est arrondi à deux décimales, selon le Code des assurances. Rien d’autre n’entre dans l’équation. Ni votre âge, ni votre kilométrage, ni le modèle de votre voiture ne modifient ce coefficient une fois le contrat en cours : ils jouent sur la prime de référence, pas sur le bonus-malus.
Un exemple éclaire la double direction du calcul. Partez d’un coefficient de 0,80. Une année sans sinistre le ramène à 0,76. Un accident responsable l’aurait au contraire porté à 1,00, puisque 0,80 multiplié par 1,25 donne 1,00. Le même point de départ, deux issues opposées : tout se joue sur votre sinistralité des douze derniers mois, et l’écart se répercute ensuite chaque année sur votre cotisation.
Un coefficient qui part de 1,00
Tout conducteur débute avec un coefficient de 1,00, sans bonus ni malus. Ce point de départ vaut pour un premier permis comme pour une personne qui se réassure après plusieurs années sans contrat. À partir de là, seule votre sinistralité fait bouger le curseur, année après année.
La période de référence qui compte
Le calcul ne porte pas sur l’année civile. D’après le service public, l’assureur examine les 12 mois consécutifs qui précèdent de 2 mois l’échéance annuelle du contrat. Un accident survenu juste avant cette fenêtre peut donc peser sur le coefficient de l’année suivante, pas de l’année en cours. Ce décalage explique bien des surprises à la réception de l’avis d’échéance.
Ce que le coefficient change sur votre prime
Le coefficient ne se lit pas dans l’absolu. Il agit comme un multiplicateur sur une base propre à chaque compagnie. Deux assureurs peuvent afficher le même CRM et facturer des montants très différents, parce que leur prime de référence n’est pas la même.
Prenons un conducteur au bonus maximum de 0,50. Sur une prime de référence de 900 euros, il paie 450 euros. Chez un concurrent dont la prime de référence atteint 1 200 euros pour le même profil, ce coefficient identique aboutit à 600 euros. L’écart de 150 euros ne vient pas du bonus, mais de la tarification de départ. Confronter plusieurs offres à coefficient égal, par exemple via un comparateur assurance auto, reste le moyen le plus fiable de repérer la base la plus basse.
Cette logique vaut aussi côté malus. Un coefficient de 1,25 amplifie son effet quand la prime de référence est déjà élevée. Sur 1 000 euros de base, un malus de 25 % ajoute 250 euros. La même majoration sur une base de 600 euros n’en coûte que 150. Le coefficient creuse toujours l’écart existant, dans un sens comme dans l’autre.

Bonus : la descente année par année jusqu’à 0,50
Sans accident responsable, votre coefficient fond de 5 % chaque année. La baisse n’est pas linéaire en euros, puisqu’elle s’applique au coefficient précédent, déjà réduit. Il faut treize années consécutives sans sinistre responsable pour atteindre le plancher réglementaire de 0,50, la fameuse prime divisée par deux.
Voici la trajectoire officielle du bonus, calculée par multiplications successives par 0,95 :
| Années sans sinistre | Coefficient CRM | Réduction sur la prime |
|---|---|---|
| Départ | 1,00 | 0 % |
| 1 an | 0,95 | -5 % |
| 3 ans | 0,85 | -15 % |
| 5 ans | 0,76 | -24 % |
| 7 ans | 0,68 | -32 % |
| 9 ans | 0,60 | -40 % |
| 11 ans | 0,54 | -46 % |
| 13 ans | 0,50 | -50 % |
Une fois le seuil de 0,50 atteint, le coefficient ne descend plus. Les années sans sinistre supplémentaires ne rapportent aucune réduction additionnelle. Certains contrats ajoutent alors un bonus à vie, qui protège ce 0,50 lors d’un premier accident responsable. Cette clause dépend toutefois de l’assureur, pas de la réglementation, et ne couvre souvent qu’un seul sinistre. Pour situer ce mécanisme dans l’ensemble de votre contrat, notre guide de l’assurance auto détaille les formules et les garanties.
Malus : la mécanique de majoration après un sinistre
Un accident responsable inverse la logique. Le coefficient grimpe, et la hausse suit votre historique de sinistres.
Sinistre responsable : la majoration de 25 %
Chaque sinistre où votre responsabilité est engagée à 100 % multiplie votre coefficient par 1,25. Un conducteur à 0,80 passe à 1,00. Un conducteur déjà à 1,00 monte à 1,25. Deux accidents responsables la même année composent les majorations : 1,00 devient 1,25, puis 1,5625, arrondi à 1,56. Le malus se multiplie, il ne s’additionne pas, ce qui rend une mauvaise année particulièrement coûteuse.
Responsabilité partagée : la demi-majoration
Quand la responsabilité est partielle, le malus est réduit de moitié. Le coefficient est multiplié par 1,125, soit une hausse de 12,5 %. Ce cas vise les accrochages où les torts se répartissent entre les conducteurs, souvent à la suite d’un constat 50/50. Renseigner ce document avec soin, croquis à l’appui, pèse donc directement sur votre coefficient de l’année suivante.
Le plafond à 3,50
La majoration n’est pas sans limite. Le coefficient ne peut pas dépasser 3,50, une prime multipliée par 3,5 par rapport à la référence. Atteindre ce plafond suppose une accumulation de sinistres responsables sur plusieurs années. Un conducteur malussé à ce niveau peine à se réassurer et bascule souvent vers des compagnies spécialisées. Ce coefficient reste distinct de la franchise d’assurance auto, qui se paie au sinistre sans toucher votre prime future.

Effacer un malus : la règle des deux ans
Un malus n’est jamais définitif. La réglementation prévoit une sortie rapide pour les conducteurs qui cessent d’accumuler les sinistres.
Après deux années consécutives sans aucun accident responsable, votre coefficient revient automatiquement à 1,00, quel que soit le niveau atteint. Cette règle, dite de descente rapide, remet le compteur à zéro. Un conducteur monté à 1,56 après deux sinistres retrouve un coefficient neutre au bout de vingt-quatre mois sans faute. Il n’a pas à subir une lente redescente par paliers de 5 %.
La mécanique exacte mérite attention. Deux conditions encadrent cette remise à zéro :
- Les deux années doivent être pleines et consécutives
- Aucun sinistre responsable ne doit survenir sur la période
Un seul accident dans l’intervalle relance le calcul depuis le coefficient majoré. Une fois revenu à 1,00, vous recommencez à gagner du bonus au rythme habituel. Le retour au plancher de 0,50 demande alors treize nouvelles années, comme pour tout conducteur reparti de la base neutre. Comparez les deux trajectoires : sans la descente rapide, un coefficient de 1,56 mettrait près de dix ans à revenir sous 1,00 par simples baisses de 5 %. La règle des deux ans change radicalement la donne pour un conducteur qui redevient prudent.
Les sinistres qui n’entament pas votre coefficient
Tous les accidents ne pèsent pas sur le bonus-malus. Seule votre responsabilité déclenche la majoration. Plusieurs événements laissent votre coefficient intact :
- Le vol du véhicule et la tentative de vol
- Le bris de glace, pare-brise ou vitres latérales
- L’incendie et les catastrophes naturelles
- La tempête, la grêle et les forces de la nature
- L’accident de stationnement sans tiers responsable identifié
- Tout accident où votre responsabilité n’est pas retenue
Le principe est logique. Ces sinistres ne dépendent pas de votre conduite, donc ils ne majorent pas votre coefficient. Vous réglez la franchise éventuelle, mais votre prime de l’année suivante reste calée sur votre CRM inchangé. Un conducteur non responsable dans un accrochage conserve son bonus, même s’il déclare le sinistre à son assureur. Vérifiez cette imputation sur votre relevé d’information : les erreurs existent et se contestent, souvent en votre faveur.

Jeune conducteur : construire son bonus depuis 1,00
Un jeune conducteur ne subit aucun malus de départ. Son coefficient bonus-malus commence à 1,00, comme tout nouvel assuré. Ce qui alourdit sa cotisation, c’est la surprime jeune conducteur, un supplément distinct du CRM que l’assureur applique les premières années. Les deux se cumulent sur la facture, mais obéissent à des règles séparées.
Conduite accompagnée : un bonus bâti plus vite
La conduite accompagnée réduit cette surprime dès la première année d’assurance. Un conducteur formé par cette voie démarre avec une majoration allégée et l’efface plus rapidement. Nos conseils sur la conduite accompagnée détaillent cet avantage chiffré. Pour un premier achat, anticiper le budget global en amont évite les mauvaises surprises, un sujet abordé dans notre guide pour choisir sa première voiture.
Ne confondez pas le CRM avec le permis probatoire. Le premier ajuste votre prime selon votre sinistralité. Le second encadre votre capital de points pendant deux ou trois ans, sans lien avec l’assurance. Un jeune conducteur peut donc afficher un bonus naissant tout en restant soumis aux règles du permis probatoire.
Changer d’assureur : votre coefficient vous suit
Le bonus-malus n’appartient pas à votre assureur. Il vous suit. Quand vous résiliez pour changer de compagnie, votre coefficient est reporté à l’identique chez le nouvel assureur, bonus comme malus.
Le document qui porte cette information s’appelle le relevé d’information. Votre assureur doit vous le remettre sous quinze jours sur simple demande, et systématiquement en cas de résiliation. Il retrace votre historique sur les dernières années :
- Le coefficient bonus-malus en cours
- La date de souscription du contrat
- Les sinistres déclarés et leur part de responsabilité
- Les périodes d’assurance et d’éventuelles interruptions
Un conducteur au bonus 0,50 conserve donc son avantage en changeant de contrat, tandis qu’un profil malussé traîne son coefficient d’une compagnie à l’autre. Le nouvel assureur s’appuie sur ce relevé pour tarifer, sans possibilité d’effacer un malus par un simple changement d’enseigne.
Ce transfert automatique renforce l’intérêt de comparer. Puisque le coefficient est identique partout, seule la prime de référence fait la différence de prix. Demandez votre relevé d’information, notez votre CRM exact, puis mettez plusieurs devis en concurrence sur cette base commune. Prochaine étape concrète : repérez la ligne du coefficient sur votre dernier avis d’échéance avant toute renégociation.
